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Journée scientifique : "Evidences invisibles : approches transdisciplinaires de la singularité dans la communication interculturelle"

Publié le 22 mai 2012 Mis à jour le 5 décembre 2012

Journée organisée par Gilles Louÿs et Emmanuelle Sauvage (F.ET.E : Français pour Etudiants Etrangers & EA 1586 Centre des Sciences de la Littérature française, Université Université Paris Nanterre) avec le concours de l’Union des Professeurs de langues des Grandes Ecoles (UPLEGESS) et le soutien du Centre des Sciences de la littérature française (CSLF) et de l’ED 139 (Université Université Paris Nanterre).

Date(s)

le 19 décembre 2012

Lieu(x)
Bâtiment B - salle des conférences
Il y a vingt-cinq ans, l’ethnologue française Raymonde Carroll ouvrait la voie à une approche de type anthropologique sur ce qu’il est convenu d’appeler, aujourd’hui, l’interculturel. Elle tentait de comprendre ce qui sépare « Américains et Français au quotidien » en fondant son enquête sur les témoignages de divers « informants » interrogés des deux côtés de l’Atlantique. Tous avaient une anecdote à raconter sur un malentendu survenu à la suite d’un échange qui avait révélé un malaise ou bien un désaccord plus profond, sans qu’il y ait barrière de la langue. Tous avaient mésinterprété chez l’autre, conjoint, ami ou collègue, ces « évidences invisibles » qui sous-tendent nos comportements le plus souvent à notre insu et que nous croyons partagées par ceux qui nous sont proches.

C'est sur cette zone de turbulences que nous voudrions jeter la lumière, sur ces implicites qui nous gouvernent malgré nous, quelles que soient nos appartenances identitaires. Car les implicites culturels sont partout : pas seulement dans la langue et ses idiomatismes, mais dans les rites de sociabilité, le langage du corps, les modes de relation au temps, à l'espace, au pouvoir, à la prise de parole... Ils peuvent perturber nos interactions s'ils ne sont pas pris en compte, explicités, voire dédramatisés.

Communiquer en contexte interculturel conduit à mesurer l'écart entre plusieurs singularités, de moi et d'autrui, « étranges étrangers » aux yeux l'un de l'autre, de manière à construire un lieu de partage qui puisse nous rapprocher. Cette singularité plurielle devient dans le meilleur des cas une source d'ouverture et de réciprocité, si elle sait déjouer les pièges que sont les préjugés et les implicites mal identifiés, les résistances au contact et au changement, le sentiment d'être nié dans son identité. Mais, quand l'incompréhension s'installe, à quels moyens recourir pour dénouer les situations conflictuelles ? Ou, plus simplement, comment accepter ce qui dérange, désoriente, déstabilise à défaut de pouvoir le comprendre ?

Les intervenants sont invités à se saisir de cette expérience de l'étrangeté à partir de leur propre discipline : français langue étrangère, didactique des langues, sciences du langage, anthropologie, ethnopsychiatrie, philosophie, littérature, pour n'en citer que quelques-unes. Comment mettre en mots et en images la rencontre avec l'autre aujourd'hui ? Quels sont les nouveaux outils forgés par les différents acteurs de l'interculturel ? Nous voudrions que cette journée scientifique soit à l'image de son sujet, qu'elle décloisonne les pratiques et les domaines de recherche, qu'elle favorise les échanges entre disciplines.

Comité scientifique : Geneviève Brame (Ernst & Young) - Jean François Chanlat (Paris Dauphine) - Jörg Eschenauer (ParisTech & UPLEGESS) - Sylvaine Hughes (Université Paris Nanterre) - Brigitte Krulic (Université Paris Nanterre) - Danielle Leeman (Université Paris Nanterre) - Philippe Pierre (Management intercultural, Dauphine).

Organisateurs : Gilles Louÿs (F.ET.E & EA 1586 CSLF, Université Paris Nanterre) et Emmanuelle Sauvage (F.ET.E & EA 1586 CSLF, Université Paris Nanterre).

Mis à jour le 05 décembre 2012